Avant de trouver DASA, j’avais définitivement donné un mauvais sens à l’amour. Mais avec l’aide de ma marraine et des amis de la fraternité, j’ai fait d’immenses progrès. Aujourd’hui, j’ai 17 mois de sobriété dans DASA et je suis miraculeusement dans une saine et heureuse relation qui dure depuis 3 mois. Oui, c’est encore jeune, mais depuis 13 ans que je suis divorcée, j’ai eu des tonnes de premières rencontres. J’ai fréquenté beaucoup d’hommes pendant un mois, beaucoup d’autre pendant deux mois et un seul pendant presque un an. Passé à plus de deux mois de sobriété, cela a été un grand événement pour moi.
M’engager dans une saine rencontre post sobriété, n’a pas été facile pour moi. J’avais l’habitude de chercher l’excitation en mettant les hommes à la première place dans ma vie. Mais ce scénario m’a toujours mené à une chute, en m’apercevant qu’ils étaient foncièrement humains ; et l’excitation se transformait en une plus grosse déprime. Avec l’aide du programme, je suis si contente, car je n’aurais plus à répéter ce cycle douloureux. Je ne regrette surement pas la frustration et le désespoir que cela me générait.
Voilà quelques leçons que j’ai apprise et les outils que j’ai utilisé pour de saines rencontres post sobriété :

  • J’ai dû commencer, par définir clairement mes intentions avant chaque rencontre

Quelles étaient mes raisons de rencontrer à cette période de ma vie ? Je cherchais à rencontrer quelqu’un qui pourrait m’amener à vivre une relation durable, avec à la clé peut être le mariage. Je ne cherchais pas des rencontres occasionnelles. (Nous dépendants affectifs et sexuels peut-on vraiment faire cela et rester sobre ???) Cette intention donne le ton pour chaque rencontre.
S’il y avait quelque chose chez l’autre qui me faisait penser que le long terme ne pouvait pas être possible, alors je n’avais pas de raison de la rencontrer une seconde fois. Surement je devais être prudente avec mon perfectionnisme, mais être honnête et voir la réalité en face, était d’une grande aide.

  • Ma Puissance Supérieure, le programme et ma vie devaient rester mes priorités – et non pas la personne que je rencontre

Si ce n’est pas le cas alors je ne suis pas prête pour les rencontres. Si à un point, je vois que je ne peux pas rester concentrer sur ma vie, sur le programme et sur ma Puissance Supérieure, alors j’ai besoin de faire une pause. Ceci se traduit par le nombre de réunions auxquelles j’assiste, le nombre de coups de fil que je passe chaque jour aux amis DASA et l’attention que je porte à moi-même et à mes responsabilités journalières. C’est un voyant rouge s’il y a du changement à cause des rencontres en cours.

  • J’ai dû me donner le droit de faire des erreurs et d’en tirer des enseignements

Les rencontres ne sont absolument pas pour les faibles de coeur. Notre BASIC TEXT dit qu’ « entrer dans une nouvelle relation c’est permettre à un Miracle de s’implanter dans nos défauts de caractères » et ceci est très vrai. Faire des rencontres : c’est comme si on demandait à un alcoolique d’aller dans son bistrot favori, de boire un ou deux verres, puis de rentrer chez lui en restant sobre.

Helllloooooo !! Je ne connais pas un seul alcoolique en rétablissement qui aimerait essayer. C’est pour cela que l’on doit savoir et accepter que l’on fasse des erreurs. Nous analysons la situation et nous faisons un plan en conséquence, de sorte à minimiser les enjeux, sans pouvoir pour autant empêcher totalement qu’il y en ait. Donc donnez-vous la permission de faire des erreurs et tirez en les leçons… Sans pour autant perdre la sobriété. Petit à petit on s’améliore.

  • Je dois être capable de savoir quand et comment me mettre des barrières pour ma sécurité et mon confort

Dans ma première année de sobriété je suis allée à la Nouvelle Orléans pour un voyage d’affaire. Mon hôtel était à trois pâtés de maison de Bourbon Street. J’ai rencontré un charmant monsieur dans le hall de l’hôtel et il m’a invité pour diner et danser. J’ai accepté. Il fut un parfait gentleman, nous avons eu un super diner et nous avons eu beaucoup de plaisir à danser toute la nuit. Vers une heure du matin j’ai eu mal aux pieds. On a arrêté de danser et j’ai eu besoin de retourner dans ma chambre. J’ai dû ôter mes chaussures pour marcher et il m’a proposé de me masser les pieds. J’avais tellement mal que j’ai accepté qu’il m’accompagne jusqu’à ma chambre pour me les faire masser. Je savais que je ne laisserai pas la situation aboutir sur autre choses. J’avais confiance. Il est entré dans ma chambre, me fit quelques bisous, ainsi qu’un super massage puis parti. Il ne resta pas dans ma chambre plus d’une heure. A la première occasion où j’ai parlé à ma marraine, je lui ai fièrement raconté mon expérience et attendis de sa part qu’elle m’applaudisse. Au lieu j’ai eu droit à un long silence avant qu’elle me dise calmement, « Marie, tu as invité un étranger dans ta chambre. Tu ne connaissais rien de lui et il est venu seul chez toi. Tu ne peux te permettre de faire cela ». Ses paroles m’ont renvoyé vers mon rétablissement. Il a révélé en moi un scénario. Je faisais trop confiance et très tôt dans la relation. Je ne mettais pas des limites pour ma sécurité. J’étais connu pour quelqu’une qui se perdait dans les relations. Je connaissais cette tendance chez moi avant DASA mais je n’avais aucune idée de la manière de changer. Les limites fournissent des protections. Ce sont des dons que je fais à moi-même pour rester saine et sobre pendant mes rencontres. Elles me donnent la liberté et structure ma maladie, pour que je puisse profiter des rencontres ! Voici quelques limites que je ne dois pas dépasser : L’heure où je décide d’être endormi dans mon lit et seul ; Quand je suis disponible pour parler au téléphone et quand je ne le suis pas ; Jusqu’où je suis prête à aller physiquement. Quand j’ai commencé à fréquenter mon ami actuel, on veillait tard et participait à des événements dans des villes voisines. J’étais fatiguée car j’allais très souvent au lit tard. Un matin je l’ai appelé exaspérée pour lui dire, « cette nuit j’ai besoin d’être dans mon lit seule avant 23 :30 ». Il a été compréhensif et nous avons changé nos plans, puis on a fini la soirée chez moi à bavarder. Vers 22 :45, je l’ai vu regardé la montre, puis il a dit « je veux m’assurer que tu seras au lit à temps ». Et c’est ce qu’il fit. Me mettre une limite et exprimer mon besoin c’est une bénédiction. Cela m’a donné l’opportunité de constater qu’il pouvait prendre en compte mes besoins même s’il voulait passer plus de temps avec moi.

  • J’ai dû apprendre à avoir comme objectif plus d’espace pour moi et éviter la fusion

La fusion est intense. C’est la différence entre la désagréable sensation d’un comprimé effervescent mis directement dans la bouche, et l’agréable sensation rafraichissante de ce comprimé mis dans un verre d’eau. Les relations ne sont pas supposées être intenses. Etre fusionnel, c’est comme un de nos slogans « Nous dépendants nous n’avons pas des relations, nous avons des otages ! ». Ceci est un des grands cadeaux que m’a fait mon dernier qualificateur (l’homme à cause du quel je suis retourné en réunions) m’a donné. Il m’a dit, « Tu es intense ». Personne ne me l’avait dit au paravent.

Maintenant j’ai un détecteur d’intensité branché en permanence. Je cherche tout le temps les moments où je fais monter l’intensité au lieu de ceux où je réduis l’intensité. La relation fusionnelle demande à l’autre personne du temps et de l’attention. C’est la jalousie de savoir comment et avec qui elle passe son temps, au lieu de le passer avec moi. Je suis supposée être la compagne ou la petite amie, mais pas le geôlier, le dictateur ou le terroriste qui prend des otages. Avoir son espace est libérateur. Je garde mon train de vie, tout en prenant du plaisir à rencontrer quelqu’un d’autre au même moment. Avec la fusion et l’intensité relationnelle, mon monde se réduit et est entièrement consommé par une autre personne. Je me consume en étant avec elle, la contrôlant, et sachant tout sur elle. Je dois savoir où elle est et ce qu’elle fait à chaque moment. Ma vie lui appartient et j’essaye de m’accaparer sa vie. Je ne suis même pas consciente de le faire. En prenant conscience de cette intensité, je peux rester solidement ancrée dans ma sobriété et mon programme de rétablissement. Au début cela était inconfortable, et je devais me rappeler qu’avoir de l’espace dans une relation donner ce sentiment. Je ne sais pas où il est, ou ce qu’il fait en ce moment, et il ne sait pas où je suis et ce que je fais à l’instant et cela est fantastique (même si le sentiment est étrange) ! Voilà comment cela doit être. Nous sommes en relation, aucun de nous n’est propriétaire de l’autre. Il n’est pas mon otage, et je ne suis pas, le sien. Il est libre de partir et venir où bon lui semble. Je n’ai pas le droit de décider qui peut-il rencontrer, où il va et ce qu’il doit faire. Ni il a le droit de m’imposer toutes ces choses. Avant DASA, je pensais que la fusion était le signe d’une super relation. Maintenant je reconnais le fardeau que cela est vraiment sur moi et sur l’homme que je fréquente.

  • Je dois constamment être vigilant sur le fait de devoir éviter le besoin de me faire valider par les hommes que je rencontre

J’essaye d’être constamment consciente des fortes émotions causée par les rencontres, les compliments et l’attention que j’y reçois. Si vous en êtes conscients, vous pouvez voir votre maladie à l’oeuvre et prendre les mesures appropriées pour rester enraciner dans la réalité et éviter d’être aspirer dans la spiral de l’addiction. Nous ne devons pas attendre des autres, surtout pendant nos rencontres, d’être valider. Seuls notre Puissance Supérieur, nos amis dans le rétablissement, le programme, l’amour et les soins que l’on porte à nous même : peuvent nous valider.

  • Je dû apprendre à aller doucement et consciencieusement trouver un rythme sain de rencontres

J’ai eu beaucoup de personnes qui m’ont dit d’y aller doucement pour changer, et je voulais vraiment, vraiment y aller doucement cette fois ci, mais je n’avais absolument aucune idée de comment le faire. Je suis une dépendante affective et sexuelle, au cas où vous l’aurez oublié. Donc, avant mon rétablissement, je finissais toujours par aller trop vite et saboter la relation, avant même d’avoir la chance de la mettre sur une base solide. Je pensais qu’y aller à fond les ballons, était la seule façon possible. En tant que dépendants affectifs et sexuels, nous avons nos propres méthodes de « Speed-Dating ». Pour moi il n’y a aucune possibilité d’être sobre et en même temps avoir une « Speed-Dating » relation qui puisse fonctionner. Je dois apprendre à me mettre des limites dans les domaines : du contact physique, du contact téléphonique, de la messagerie, du chat, quand dire « Je t’aime », et quand j’introduis mon enfant à la personne. Je décide ces choses. Elles ne sont pas du domaine du hasard. Elles ne sont pas aléatoires. Elles se précisent par mon choix et quand je suis prêtes, pas quand quelqu’un d’autre est prêt. Voici quelques grandes lignes de ce que j’ai pratiqué, pour faire des rencontres, à un rythme sain :

  1. Je n’appelle presque jamais un homme que j’aimerai rencontrer. Et même quand je suis en relation, je surveille attentivement la façon avec laquelle il prend contact avec moi pour éviter la fusion. Trop de contacts tôt dans la relation créent de la fusion, et il est très difficile de redresser une relation fusionnelle. Donc c’est très important pour moi : de résister à mon besoin de tonnes de contact, et de m’assurer beaucoup d’espace dès le début.
  2. Je n’interrompe jamais une conversation téléphonique pour les prendre en ligne.
  3. Je les rappelle à la fin de la journée ou après 24 heures, mais jamais immédiatement à moins qu’il y ait urgence.
  4. Si un homme que je fréquente m’appelle très tôt le matin ou tard le soir, je ne réponds pas (même si j’en ai envie). Et je rappelle que le lendemain et à un moment qui me convient.
  5. Je décourage les texto en disant tôt dans la relation, « je ne suis fan de texto, je préfère les conversations téléphoniques et les texto pour de très brefs échanges ».
  6. Eventuellement je réponds à un texto, et rarement de suite.
  7. Au lieu de me lancer dans une longue conversation en texto, j’envoie un texto qui dit « Appelle moi quand tu peux parler ».
  8. Je ne me lance pas aussi dans de longs échanges par messagerie ou texto, même si mon correspondant le fait.
  9. Je ne m’engage pas dans des activités sexuelles, au-delà de se tenir par la main ou quelques bisous, avant 30 jours de relation. Cela veut dire que toutes les fermetures éclaires restent fermées, tous les boutons boutonnés, et si tu n’as pas encore compris, tous les habits restent à leurs places ! Oui, c’est un ordre strict, mais il provient de mes comportements limites, et je peux le respecter.
  10. Je ne m’engage dans aucune activité sexuelle, avant d’avoir parlé de notre relation : en plein jour et avec les deux pieds sur terre. On a besoin de suffisamment se connaître pour pouvoir s’engager dans une sorte de monogamie, ce qui implique une seule relation en même temps.
  • Je m’habille consciencieusement

Quand je me prépare pour une rencontre, je me pose la question suivante, « Est-ce que mon mode vestimentaire, communique ma vraie personnalité et le type de femme que je suis ? Comment un homme peut-il aller lentement, si je montre les ¾ de mes seins à diner ? » Maintenant je préfère du sexy classique au sexy flagrant. D’ailleurs, je vais toujours à mes réunions DASA habillée le plus discret possible.

  • Prendre bien soin de moi-même devient une priorité 

Dans le passé, quand je me perdais dans une relation, je laissais tomber beaucoup de phases du prendre soin de soi-même : particulièrement le sommeil. Or je ne prenais pas soin de moi-même quand je n’étais pas en relation, car cela n’avait aucune importance. Je ne me mettais pas en valeur à moins d’avoir l’intérêt d’une rencontre. Plus maintenant. Aujourd’hui Je prends soin de moi-même quoi qu’il en soit.

Prendre soin de moi-même n’est plus négociable. Je m’abandonne plus, pour prendre soin d’il ou elle. Je dois prendre soin de moi-même en premier. Voici ce dont j’ai besoin de façon régulière : Le temps nécessaire pour travailler le programme de rétablissement impérativement chaque jour, passer mes coups de fils de rétablissement, dormir tout ce dont j’ai besoin, du repos, une nourriture saine et suffisante, du sport et des activités, avoir un environnement paisible et un rythme de vie favorable à mon épanouissement.
Ce que je ressens et ce que j’en pense devient très important. Je ne peux pas me changer pour que les autres m’aiment. Je veux être moi-même et prendre soin de moi et si en plus je lui plais alors tant mieux. Et si je ne lui plais pas, tant mieux aussi. Je peux ainsi partir vers quelqu’un qui me convienne mieux.

  • Je reste enraciné dans la réalité et évite les fantasmes à tout prix

La fusion et le fantasme : sont le duo létal en ce qui concerne les rencontres. Je fais en sorte de me voir comme je suis et de voir la personne que je rencontre pour ce qu’elle est, et non pas ce que j’aimerai qu’elle soit à partir de mon imaginaire malade ou ce que j’aimerai qu’elle soit. Je rencontre une vrai personne, et non pas un personnage fantastique. J’ai besoin de gardé mes pieds fermement enraciné dans la réalité. Travailler régulièrement le programme tous les jours m’aide à accomplir cela. Quand je vois des voyants rouges, je les partage avec ma marraine et avec mes amis dans le rétablissement. Ceci m’aide à rester dans la réalité.

  • J’évite les boissons alcooliques lors de la plupart des rencontres:

Il m’est impossible de ne pas aller vers des comportements à risques, pratiquer un rythme sain et me focaliser sur la réalité, si je prends même qu’un verre d’alcool. Pour cela je choisis de ne pas boire d’alcool dans la plupart des rencontres, au pire ce sera un seul verre de vin.
C’est un cadeau que je me fais. J’aime aussi voir la réaction de la personne, face à mon choix de m’abstenir de boire. Leur réaction me donne une indication sur l’importance de l’alcool dans leur vie. Si elle est mal à l’aise face à mon choix, j’ai un voyant rouge qui s’allume.

  • J’évite les rechutes à tout prix:

Ma sobriété passe en premier. Si je ne me sens pas bien dans une situation, c’est qu’elle ne me convient pas. J’ai le droit de me sentir à l’aise et en sécurité. Si un homme m’invite rapidement à dîner chez lui, je constate la réalité de la situation et je lui dis qu’un jour cela pourrait être une belle opportunité, mais après avoir eu le temps de mieux le connaître.

  • J’accepte le fait que : si je ne me sens pas capable de rompre une relation naissante, je ne suis donc pas encore prête pour les rencontres

Rompre et aller de l’avant fait partie de la pratique saine des rencontres. La plupart des personnes ne sont pas bonnes pour nous. Je sais que mes aptitudes pour rompre doivent être optimales, sinon je m’installe dans des relations malsaines et inappropriées trop longtemps. Eviter seulement leurs coups de fil n’est pas suffisant et acceptable pour moi.

  • Et finalement je pratique « le serment d’Hippocrate pour les rencontres » qui stipule « Au-dessus de tout ne fait de mal à personne »

Quand il s’agit de faire des rencontres, c’est bien la jungle dehors. Je fais donc de mon mieux, pour ne pas être comme ces folles qui rendent la vie misérables aux autres.

Je préfère prendre une route élevée. Après tout, il y a moins de monde. J’essaye de rester légère et gaie en prenant le temps de connaitre la personne. Il n’y a pas à se presser, c’est comme les accidents de voiture, plus on accélère et plus les dégâts sont importants. Rencontrer c’est pareil. Tous ces points mis ensemble, servent à minimiser les dégâts. Je prends bien soin de moi-même et dans ce processus je finis par prendre bien soin de la personne que je rencontre.
Quand je respecte toutes ces règles et les met en pratique, je trouve de la sérénité dans les rencontres. Je m’amuse et je ne donne pas à l’amour un mauvais visage. Ces outils m’aident à rester sobre et finalement je prends du plaisir dans les rencontres ; que je fasse « une connexion amoureuse ou pas ».


Anonyme, Orange County, CA