“Je vous déclare maintenant marie et femme… John, vous pouvez embrasser la mariée… Mesdames et messieurs, laissez moi vous présenter Mr et Mme John Smith”. Waw, voici un extrait de l’un de mes fantasmes préférés s’il en est ! (à l’exception de la fois où je suis sortie avec un mec qui s’appelait Cochon. Cela ne faisait nullement pas partie de mon fantasme !) Chaque jour de sobriété qui passe me permet d’avoir une vision de plus en plus claire de mon désir de cloches sonnant pour mon mariage. Je suis dépendante affective et sexuelle. Cela veut dire qu’il y a en moi une petite fille précieuse qui n’a jamais été aimée et adorée par les gens qui étaient sensés l’aimer et l’adorer de la façon qui lui convenait, je veux dire mes parents et mes 2 frères ainés. Si j’avais manqué de nourriture, on aurait fait appel aux autorités. Mais j’ai été littéralement affamée d’amour. Rien dans le foyer où je suis née ne laissait passer de l’amour, de la sécurité et de l’encouragement. J’ai été attaquée sexuellement a 5 et 6 ans par mes 2 frères qui avaient respectivement 10 et 11ans de plus que moi. J’ai été maltraitée physiquement de l’âge de 5 / 6 ans jusque vers mes 15 ou 16 ans.

La maltraitance physique consistait en violentes gifles à travers le visage, des coups, tandis que ma tête était maintenue sous un oreiller afin que personne ne m’entendît pleurer et en coups de ceinturon jusqu’à en avoir des marques sur le corps.

Tout cela provenait de ma mère folle de rage. Elle m’a maltraitée et tyrannisée de ma naissance jusqu’à mes 20 ans. Elle me traitait de tous les noms, m’avilissait et m’humiliait et permettait à mes frères de me donner des ordres et de m’appeler leur “esclave”.

Il y eut un moment où elle me dit qu’elle avait un fusil dans le coffre de sa voiture et qu’elle me tuerait si jamais je revoyais mon petit ami. Mais bien avant qu’elle ne me dise cela, j’avais peur pour ma vie chez moi. Je ne me suis jamais sentie aimée ni aimable. Je me sentais semblable à la poussière du sol, comme s’il y avait en moi qqc qui ne tournait pas rond.

Pour moi, le son des cloches battant la volée pour mon mariage représente l’illusion de l’amour parfait ; un amour qui n’est pas maltraitant, qui ne critique ou ne juge pas et qui n’est pas méchant. C’est le summum des fantasmes pour la petite fille en moi qui a été blessée, maltraitée et non aimée. Cela veut dire que qqn m’aime et m’adore au point de vouloir passer le reste de sa vie avec moi. Dans mon esprit malade et dépendant affectivement c’est le symbole de la pure perfection. Malheureusement, ce n’est pas vrai. Mais je ne vois rien de futile là- dedans. Dans ma maladie, je ne vois pas que l’amour parfait -ainsi que les gens parfaits- n’existent pas.

En entrant chez SLAA (DASA américain NDT) et en me mettant à travailler courageusement un programme entier de rétablissement, je me suis rendue compte que je ne pouvais pas m’engager ds ce genre de fantasme quelles que soient les circonstances.

Je me peux pas me permettre d’entrer ds le domaine appelé “c’est lui le bon “. Dès que je commence à faire retentir les cloches à l’infini, je perds complètement contact avec ma réalité. D’autres peuvent peut-être le faire, mais pour moi, cela est très nuisible.

Tout se passe dans ma tête. Je ne vois plus l’homme avec lequel je commence juste à sortir tel qu’il est. Il devient l’homme créé de toutes pièces en qui la petite fille blessée a besoin de croire, afin de savoir qu’on l’aime et qu’on s’occupe d’elle. Maintenant après 1 an et 10 mois de sobriété, je sais que je suis aimable. Je sais que c’est moi qui dois remplir mon réservoir d’amour. Personne d’autre ne peut le faire à ma place.

Je m’adresse à ma PS, ma marraine, mes compagnes de sobriété, mes réunions DASA et au soin que je prends de plus en plus vis à vis de moi pour me remplir complètement pour ne pas être une femme blessée, affamée d’amour ambulante.

Je dois devenir une adulte responsable et m’assurer que mon besoin d’amour est
satisfait de manière saine chaque jour.

Je ne peux m’abandonner moi et mes besoins comme l’a fait ma famille d’origine. Je ne peux pas ignorer mes besoins de repos abondant, de sommeil suffisant, d’alimentation saine, d’activités plaisantes, et de contact humain positif ainsi que toutes les choses qui figurent sur ma liste à commencer par prendre soin de moi. Dès que le fantasme des cloches se met en route ds ma tête, j ARRETE, et me rappelle de façon aimante que je dois vivre la relation un jour à la fois et rester ds le moment présent même si l’homme du moment me paraît fantastique. Je me dis que je ne peux entretenir ces pensées pendant un minimum d’un an lors d’une relation saine et heureuse et qu’il n’y a pas d’exceptions (Ma maladie me dit que chaque type bien est une exception à cette règle dès les premiers mois de notre
rencontre !).

Au lieu de choisir un lieu et des robes, je planifie ma prière quotidienne ainsi que ma méditation et mes réunions. Au lieu de consulter des magazines de mariage de d’appeler le traiteur, je lis les étapes dans notre “livre” et appelle ma marraine. Au lieu de choisir un orchestre pour nous faire danser toute la nuit, je choisis des activités que j’aime faire avec mes compagnes de sobriété. Ainsi, je parviens à aimer la vie, profiter de ma sobriété et m’aimer et n’ai donc plus besoins de mes fantasmes futiles, surtout celui des cloches qui est si nuisible “

 Traduction non approuvée d’un témoignage de la revue « The Journal » éditée par SLAA.